Sommes-nous condamnés à l’intelligence individuelle et l’incapacité collective ?

Jean-François Noubel (1), se posent et nous pose plusieurs questions.

Pourquoi les grandes organisations ne possèdent-elles pas la même souplesse et adaptabilité que les petits groupes de personnes ? Le fait qu’elles soient grandes en est-il vraiment la cause ?

 

Efficacité opérationnelle (atteinte d’objectifs, conduite de projets complexes…) et démocratie sont- elles antinomiques ? Si l’on répond oui, alors on admet qu’un pays démocratique est ingouvernable. Si l’on répond non, alors pourquoi les entreprises et les organisations en général ne sont-elles pas des espaces démocratiques ?

 

Aujourd’hui, l’intelligence collective (IC)est une notion qui commence à s’intégrer dans le vocabulaire des managers qui réalisent peu à peu le besoin de réorganiser les entreprises.  Mais peu d’entreprises exploitent l’IC; et si elle est utilisée, c’est surtout sous forme de coopérations intellectuelles en particulier lors de référions collectives.

 

Pour une organisation qui se veut intelligente, un accent particulier doit être mis sur la distinction entre la réflexion collective et la communication. Tandis que la communication permet d’échanger des informations sans qu’il y ait forcément des coopérations intellectuelles, la réflexion collective, quant à elle, implique des coopérations intellectuelles qui permettent de créer l’information, de lui donner du sens et d’interagir sur l’information existante pour la transformer en une nouvelle information.

 

La réticence de bon nombre de managers quand il s’agit d’intelligence collective tient de la crainte de perdre leur pouvoir. Or, l’IC ne vise pas une repartition du pouvoir, mais un changement dans l’exercice du pouvoir dans les modes de management. Par ailleurs, une réflexion collective ne donne pas lieu à une décision intelligente à tous les coups.

 

Ce n’est pas parce que c’est collaboratif que c’est intelligent. Par contre, si ce n’est pas collaboratif, le risque que ça ne soit pas intelligent est très élevé.

 

Ses points faibles

 

Parmi les cas non désirables d’intelligence collective il y a par exemples :
– les décisions de groupe non prises de façon libre à cause de la hiérarchie,
– les concertations sur des choix confus qui n’aboutissent pas,
– les votes démocratiques qui portent un dictateur à la tête de l’état.
L’intelligence collective est limitée par des effets de groupe (conformisme, crainte, …), si bien que l’individu seul peut bien être plus intelligent que tout un groupe car il ne serait pas sous la pression d’un groupe qui absorbe sa capacité de discernement.

 

”La masse n’a pas toujours raison, surtout s’il s’agit d’une masse moutonnière et conformiste qui ne remet rien en question” (2).

 

Sources :

 

  1. Intelligence Collective, la révolution invisible – Jean-François Noubel (2004 2007)
  2. Pierre LEVY. L’intelligence Collective – Pour une Anthropologie du Cyberespace. La Découverte, 1997.
  3. Approche système pour la conception d’une méthodologie pour l’élicitation collaborative des exigences (2010) – Jacqueline Konaté

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